Que se passera-t-il au 1 juin 2010
?
En pratique, au premier 1 juin 2010, sous
peine d'amendes, plus aucune vente d'un
logement unifamiliale, et au 1 juin 2011,
construction ou location d'un bien
immobilier ne pourra s'effectuer sans la
production d'un certificat énergétique.
Ce document, véritable résultat d'un
contrôle technique des immeubles, devrait
permettre une meilleure comparaison entre
les divers biens mis en vente, et, de
manière plus générale, apporter un peu plus
de transparence dans le marché immobilier.
Quel peut être l'impact du certificat
énergétique dans le cadre d'une vente ou
d'une location ?
Nul ne peut voir l'avenir, mais la plupart
des experts estiment que le coût énergétique
ne cessera de monter.
Il est relativement aisé à un propriétaire
qui vend son bien de celer les informations
sur la dépense calorifique du bien. Comme
aucune législation n'existe, certains
omettent de mentionner que la chaudière
n'est pas aux normes et consomme un maximum.
D'autres ne produisent que les factures
d'été. Ce sera par exemple le cas à
l'occasion de la vente d'un appartement
placé sous le régime de la copropriété
forcée. D'autres encore n'hésitent pas à
limiter fortement leur consommation
énergétique dans les semaines ou mois qui
précèdent la vente.
A tous les stades d'une vente, personne n'a
intérêt ou l'obligation de soulever ce point
négatif.
L'agent immobilier peut l'ignorer, mais,
dans le cas contraire, il n'est pas certain
qu'il soulèvera d'office un argument
défavorable à la vente.
Lorsque le dossier arrive chez le notaire,
ce dernier ne dispose généralement d'aucune
information susceptible de mettre en garde
l'acquéreur. C'est d'autant plus vrai que,
contrairement en France, aucune indication
n'existe sur les volumes des habitations.
Bref, à moins de vivre dans le bien, il est
quasiment impossible à un candidat acquéreur
d'être certain que ce qu'affirme le vendeur
correspond à la réalité.
Le problème risque de se poser avec encore
plus d'acuité en ce qui concerne le
locataire. Son budget est souvent serré et,
dans certains cas, la dépense énergétique
peut constituer à elle seule un « mini-loyer
», (trop) lourd à supporter. C'est déjà le
cas actuellement pour certain d'entre eux.
Un certificat énergétique très mauvais
pourrait tout simplement écarter le bien de
toute location.
Avec les nouvelles exigences européennes
en la matière, le certificat énergétique
deviendra un facteur non négligeable
lorsqu'il s'agira de vendre ou louer son
bien immobilier. Des comparaisons entre
différents immeubles pourront être
effectuées par tout candidat à l'achat ou à
la location. Au même titre que le montant de
la mensualité du crédit hypothécaire à
contracter, le candidat acquéreur intégrera
dans son calcul le coût mensuel énergétique
et, s'il est élevé, le coût de la rénovation
proposée par le certificat pour le diminuer.
Dans le meilleur des cas, ce dernier coût
amputera d'autant le prix proposé. Dans le
pire des cas, il découragera les amateurs
et, à terme, pourrait «brûler » le bien.
Dans le milieu immobilier, cela signifie que
le bien sera tellement resté longtemps en
vente que les amateurs s'en méfieront assez
pour l'écarter d'emblée.
En conséquence, surtout si, à moyen terme,
on souhaite louer ou vendre son bien
immobilier, il est avantageux d'opter dès
maintenant pour la procédure dite
volontaire. Des « facilitateurs » peuvent
être contactés pour entamer la procédure.
Ceux-ci délivrent un avis neutre et éclairé
sur la meilleure solution énergétique d'un
bâtiment, peuvent renseigner un bureau
d'étude, un fournisseur d'équipement ou
installateur, comparent des offres
d'équipement en matière de chauffage ou
d'éclairage, par exemple, et présentent les
différentes aides mises à disposition par la
Région.
Les éventuelles rénovations devant de toute
façon être effectuées, pourquoi ne pas
prendre le taureau par les cornes ? D'une
part, cela fera autant d'économisé et,
d'autre part, en cas de vente ou de
location, cela permettra d'avoir une
longueur d'avance sur beaucoup d'autres
propriétaires qui, comme souvent en
Belgique, risquent d'attendre le dernier
moment pour réagir. Sans compter que les
auditeurs risquent d'être pris d'assaut dès
juin 2010